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Gilles GRIMON

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PRESSE

Article : La Provence, Juillet 2010

Gilles Grimon : « Huiles sur toile »
Article paru dans « Il Sole 24 ore », quotidien italien, le 18 avril 2008 à l’occasion de l’exposition à la Fondation Giorgio Gubbi, à Ancône (Italie) du 18 avril au 15 mai 2008.


C’est le profil essentiel de Greta Garbo, ou le beau visage d’Ingrid Bergman, qui affleure à la surface de la toile entre les arabesques précieuses et les citations figuratives du Pop Art. C’est l’imaginaire occidental de la beauté féminine : femmes de cinéma, de publicité ou de bandes dessinées, peintes en des pauses extatiques et presque suspendues entre alphabet de signes et réminiscences oniriques. Une vingtaine d’huiles sur toiles, réalisées de 2004 à aujourd’hui et de grande dimension : telles sont les œuvres de l’artiste parisien Gilles Grimon –derrière lui, une longue carrière d’illustrateur pour les hebdomadaires français, du Nouvel Observateur au Point , et à Marie- Claire- qui inaugurent vendredi 18 avril la saison d’expositions du nouvel espace d’Ancône, l’association « Les lieux en mémoire de Giorgio Gubbi » destiné à l’art moderne et contemporain. « Nous voulons promouvoir la fréquentation des lieux d’art, mais aussi favoriser le dialogue et le débat, faire évoluer la culture », explique Marcello Gubbi, 80 ans, collectionneur et ancien entrepreneur de Jesi, qui a promu cette initiative en souvenir de son fils Giorgio, immensément passionné par l’art, disparu très jeune dans les années 70.


L’exposition de Gilles Grimon est idéale pour initier cette saison d’expositions : les titres eux- mêmes des œuvres évoquent des lieux précis, en série géographique. Paris, Londres, Milan… Ce sont les métropoles européennes qui ont contribué au désir de conquérir le libre espace de la toile. « Paris 2005 » (240x 195 cm) suggère un sens du vertige, de chute, au sommet passionnel d’une danse entre figure masculine et essence féminine. Le réseau millimétrique de lignes diagonales qui semble s’étendre à l’infini, définissant personnages et géométrie, est un véritable protagoniste de la toile. Même le choix des couleurs, des tons froids de bleu qui confinent au violet livide, subit la loi de cet « alphabet » diagonal.


« Londres 2005 » se réfère pour sa part au souvenir des avant-gardes, avec son explosion de tons chauds domptée par la volonté graphique : entre décomposition géométrique et citations cubistes qui rappellent Braque, apparait à la surface le baiser extatique des personnages, happy end d’une bande annonce cinématographique qui se consomme en un regard.


En quelques instants aussi se résument la fin heureuse de « London II » et « London III » (200x 130 cm), deux oeuvres de 2006. Une parodie solaire des sentiments dans lesquelles le désir, le baiser, l’étreinte, les retrouvailles, la passion, deviennent les prétextes narratifs d’une imagination sans limites. Et voilà un plateau d’Hollywood idéal, où les couleurs froides et les motifs graphiques accompagnent les citations pop, tandis que Lichenstein se mélange au constructivisme de Léger. Toujours plus optiques et tridimensionnels sont les travaux milanais : pour la première fois, les toiles sont traversées d’un fin réseau de lignes horizontales, comme un nouveau filtre de la représentation figurative, voile de Maya des illusions qui cachent l’essence.

Silvia Sperandio